Alsace :1994
: Comparable à 89 pour les liquoreux, l'acidité en plus. De magnifiques
vendanges-tardives et sélections de grains nobles, de beaux pinots blancs et des
rieslings bien secs, qui demandent à être attendus. Eviter les pinots noirs.
1993 : Bon millésime chez les très bons, pas bon chez les moins bons :
difficile de jongler avec des vendanges qui se sont déroulées sous la pluie. Quelques
très rares vendanges tardives d'anthologie et surtout, on s'en doute, des réussites dans
les cépages précoces, avec des vins qui tolèrent bien la vivacité, comme le chasselas,
le sylvaner, le pinot blanc.
1992 : Souples et faciles à boire maintenant dans l'ensemble. Meilleurs sont
les tokay-pinot-gris et les pinots blancs.
1991 : Des vins friands qu'on ne gardera guère, sauf les rares et délicieux
liquoreux.
1990 : Exceptionnel. Superbes rieslings sélections de grains nobles du Bas-Rhin
et pinots noirs du Haut-Rhin. La plupart des vins se goûtent très bien aujourd'hui, on
peut en profiter.
1989 : Exceptionnel aussi, plus peut-être dans le Haut-Rhin, avec de superbes
liquoreux mais ils se sont refermés aujourd'hui et il faudra désormais attendre quelques
années.
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Bordeaux :1994
: La pluie de septembre est venue gâcher la fête. Mention bien. Les rouges sont d'une
bonne tenue, plus tanniques qu'en 93, mais parfois un peu secs, quand lesdits tanins
n'étaient pas mûrs. Les blancs secs, plus précoces et donc moins mouillés, sont d'un
grand niveau. Grâce au soleil d'octobre, liquoreux de qualité.
1993 : Excellents pomerols, bons saint-émilion, honnêtes médocs, surtout à
Saint-Estèphe. Agréables blancs dans les Graves.
1992 : Abondance, dilution. Rouges et blancs secs à boire aujourd'hui, prix
bas.
1991 : Le gel n'a épargné que quelques grands crus médocains. Sinon, une
année bien moyenne.
1990 : Tout est bon. Au sommet, certains rouges du Médoc comme les margaux, ou
de la rive droite comme les fronsacs.
1989 : Belle année. On trouvera les meilleurs rouges à Pauillac, Saint-Julien,
Pessac-Léognan, Saint-Emilion. Des liquoreux pleins d'élégance, d'une belle
longévité.
1988 : Le clacissisme. Certains pomerols, saint-émilion, pessac-léognan ou
saint-éstèphe éclipsent même leurs cadets de 89 et 90. Extraordinaire Cheval Blanc.
Les liquoreux sont superbes.
1987 : Les vins auraient dû être bus, sauf certains médocs. Des blancs secs
et liquoreux délicieux. Prix modérés.
1986 : La réussite des grands de Pauillac et de Saint-Julien ne doit pas cacher
les déceptions apportées par nombre de rouges. Saint-émilion et pomerols doivent être
bus. Liquoreux de garde.
1985 : La séduction, toutes appellations et couleurs confondues. On craignait
que les rouges ne durent pas, or ils sont toujours là, et toujours aussi bons.
1984 : A oublier, sauf Yquem...
1983 : Ils évoluent très vite, certains rouges du Médoc ou des Graves sont
même déjà passés. Liquoreux d'anthologie.
1982 : L'année du Médoc, sublime dans tous les crus, y compris chez les plus
humbles "bourgeois". Déception courantes à Saint-Emilion et Pomerol.
1981 : Rouges de caractère, peuvent être attendus. Une année plutôt
méconnue, à rapprocher de 88.
1980 : A boire vite s'il en reste.
1979 : Des rouges très agréables, épanouis.
1978 : Belle année où la végétation a pris son temps. Comme souvent dans les
millésimes où l'arrière-saison ensoleillée fait la maturité, les vins sont lents à
s'ouvrir. Très beaux liquoreux.
1977 : Rien n'a mûri. Résultats très médiocres.
1976 : Cherchez les magnums, moins évolués. Millésime souvent riche en alcool
et un peu sec : Le manque d'eau a bloqué la maturité des tanins.
1975 : Souvent vendangés trop tôt, les rouges ne tiennent pas leurs promesses.
Aujourd'hui, ils s'ouvrent, lentement, et gardent cette astreingence qui traduit des
tanins pas mûrs (carafer absolument). Liquoreux d'exception.
1974 : A boire vite. Les robes sont bien tuilées, mais on a de bonnes surprises
en bouche au rayon saveurs.
1973 : Beaux liquoreux. Les rouges sont bien évolués. A boire entre amis, et
surtout pas à la fin d'un repas : la structure "en dentelle" du vin n'y
résisterait pas.
1972 : Trop tard. Au mieux, ce n'est pas désagréable (saveur chocolatée). Au
pire, c'est du champignon et des légumes oubliés dans un bac de frigo.
1971 : Saint-émilion et pomerols séduisants. Ailleurs, l'évolution est
inégale.
1970 : Une vraie "année du siècle" (parmi d'autres). Des rouges de
garde par excellence - certains sont loins de leur épanouissement. On compare souvent à
82.
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Bourgogne :1994
: Bonne année pour les blancs : concentration et acidité. Les rouges rappellent 92. A
boire assez vite.
1993 : La pluie sur la vendange a fait chuter l'alcool, mais les peaux épaisses
des raisins ont bien résisté. Pas ou peu de pourriture donc, et des tanins mûris par le
soleil d'août. Rouges tanniques, de garde. Bonne acidité dans les blancs qui s'annoncent
beaucoup mieux qu'on aurait pu le penser au printemps.
1992 : Toutes les récoltes qui suivent une année de gel sont abondantes. 92
n'a pas dérogé à la règle : la quantité et la pluie ont dilué la récolte. Rouges
faciles, à boire. les blancs, assez riches mais peu acides, évoluent rapidement.
1991 : L'année du grand gel. Jolis rouges aux tanins un peu secs. Année
moyenne pour les blancs.
1990 : La grande année des rouges refermés aujourd'hui. N'y touchez pas, on
vous fera signe.
1989 : La grande année des blancs. Concentrés, riches en extrait et en alcool,
ils règnent sur la décennie. Les rouges se goûtent bien. 1988 : Austères et fermés en
rouge. A garder. Les blancs commencent à s'ouvrir.
1987 : Blancs et rouges sont au mieux de leur forme et à boire sans trop
attendre.
Jura :1994
: Mouillé, mais mieux que 93. "Un petit 88", estime un vigneron.
1993 : Médiocre en rouge, les blancs s'en sortent mieux.
1992 : Rouges fluets, blancs bien gras à boire maintenant.
1991 : Peu de récolte (gel), mais c'est plutôt pas mal.
1990 : Exceptionnel.
Savoie :1994
: Assez joli avec les cépages précoces (Chardonnay, gamay, pinot), roussettes de belle
qualité (Jongieux). Mondeuse et jacquère très moyennes.
1993 : Il a fallu trier. Raisins pas assez mûrs.
1992 : Très beaux blancs et quelques belles mondeuses.
1991 : Très moyen.
1990 : Exceptionnel.
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Languedoc-Roussillon
:1994 : Grande année, excellente pour les syrahs, un peu moins
réussie pour les mourvèdres qui manquent un peu de maturité. Beaux blancs, équilibrés
et vifs.
1993 : Grande année en blanc comme en rouge. Dans cette dernière couleur,
l'ensemble des cépages est arrivé à bonne maturité.
1992 : Du rendement et, exceptionnellement, des attaques de pourriture comme
dans les autres vignobles. Au final, la région ne s'en sort pas mal. Les rouges allient
souplesse et matière, les blancs doivent être bus.
1991 : Moins de gel que dans le reste de la France. Rouges équilibrés et
riches avec, parfois, de grandes réussites comme en faugères et en banyuls vintage.
1990 : Quand on trouve encore des rouges, il ne faut pas hésiter. Très belle
année qui arrive à maturité.
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Provence-Corse
:1994 : Des rouges solides, qui ne font pas toujours dans la
dentelle. Des rosés et des blancs superbes, concentrés et gras pour ceux qui ont évité
la pluie.
1993 : Les rouges de la Côte ont la cote, en revanche ceux qui proviennent de
l'arrière-pays sont moins réussis. Bons rosés. Blancs dans la moyenne.
1992 : Les rouges, auxquels personne ne croyait il y a un an, ne cessent
d'étonner par leur amélioration au vieillissement, notamment dans les
côtes-de-provence. Beaux blancs. Rosés moins convaincants.
1991 : Année de gel. Il faut chercher les bonnes cuvées.
1990 : Exceptionnel. Rouges d'anthologie (cabernet-sauvignon) chez les bons
vignerons. Les autres ont fait des bouteilles aujourd'hui à bout de souffle.
1989 : Moins concentré et moins gras que 90.
1988 : Grande année (la meilleure depuis 83), finesse et structure étant au
rendez-vous.
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Sud-Ouest :1994
: Que d'eau au nord ! Que de beaux vins au sud ! Superbes les madirans, jurançons. Bien,
les frontons.
1993 : Année très inégale. Les rouges, en Bergerac notamment, plutôt
séduisants au départ, semblent avoir du mal à tenir la distance. On les boira vite.
Belle qualité des liquoreux.
1992 : Comme ailleurs, en rouge, beaucoup de vins dilués. Au mieux, des
bouteilles faciles à boire (le cépage négrette des frontons s'en sort plutôt bien).
1991 : Un peu partout, le gel a fait du mal. Madiran a réalisé des prouesses
en rouge. Beaux irouléguys.
1990 : Dans cette vaste région, on en voudrait tous les ans un millésime comme
celui-là. Superbes rouges en cahors, pécharmants, buzet, irouléguys, et madirans.
1989 : Ceux qui auront eu la bonne idée d'acheter des liquoreux en 90 et
surtout en 89 ne le regretteront pas. Les rouges commencent à se boire.
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Val-de-Loire :1994
: La pluie est arrivée avant la pleine maturité. Elle succédait au gel de printemps et
à la grêle par endroits. De bons rouges en anjou, excellents en saumur-champigny. Bons
aussi, les sancerres, comme beaucoup de blancs secs. Peu de liquoreux, mais de belle
qualité chez ceux qui ont attendu les quelques beaux jours d'octobre.
1993 : Des rouges agréables, pas mal de blancs secs nerveux (muscadets,
sancerres ou pouilly-fumé) ; des demi-secs vifs, et de rares mais savoureux liquoreux.
1992 : Rouges, blancs et liquoreux sont souples, quand ils ne sont pas dilués.
1991 : L'année du gel. Ne demeurent que de rares vestiges.
1990 : Grand millésime. Tout est bon et vieillit bien, même les blancs du
Sancerrois, qui semblaient manquer de vivacité. Les meilleurs sont les grands liquoreux,
surtout dans la vallée du Layon et à Jasnières.
1989 : La meilleure année des rouges de Touraine : historiques, les bourgueils
et les chinons. A égalité de niveau, les liquoreux de Vouvray et Montlouis.
1988 : D'un bon équilibre entre vivacité et matière, les blancs secs nous
enchantent aujourd'hui, mais demi-secs et liquoreux doivent attendre.
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Côtes-du-Rhône
:1994 : Très bon millésime dans le nord, notamment pour les
crozes-hermitage et les cornas. Plus hétéroclite dans le sud.
1993 : Année de tous les dangers : inondations, pluies diluviennes, et parfois,
dans le sud, des terroirs épargnés comme par miracle. Les blancs, souvent cueillis avant
les orages, sont plutôt réussis.
1992 : Comme partout des rouges assez légers, à boire jeune. Quelques belles
cuvées à Châteauneuf et des blancs gras et onctueux, peu nerveux.
1991 : Superbe en Côte Rôtie et, en général, dans le nord.
1990 : Remarquable millésime dans toutes les Côtes-du-Rhône. Le sommet est
sans doute atteint à Chateauneuf-du-Pape et à Cairanne. Attention, vins de garde (en
rouge).
1989 : Pas mal d'alcool et parfois des tanins un peu secs à cause de la chaleur
et du manque d'eau, mais l'année reste belle. On se fait très plaisir en Côte Rôtie,
à Valréas où à Visan par exemple.
1988 : Belle année d'équilibre. Les blancs doivent être bus. Les rouges
s'ouvrent tranquillement.
Crédit : Erwan Yvet & Jérôme Lonchampt
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