Note de lecture

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Chantal Robillard
Hôpital Cendrillon
Éditions du GREF, 2003, 168 pages (24,55 euros)

Entre nouvelles et roman, Hôpital Cendrillon relate une journée avec deux jeunes comédiens et musiciens qui vont lire en musique des textes aux malades de différents services d’un hôpital. Chantal Robillard nous livre une sorte d’exercice de style sur le thème de Cendrillon, choisis par les intervenants, variations essayant d’égayer des personnes qui soufrent physiquement et moralement. Des textes pour rêver, imaginer, s’amuser, mais aussi pour réfléchir.

On se trouve souvent en pays de connaissance, l’auteur ayant fait intervenir autour de son thème fédérateur quelques figures (humaines ou de style) connues. On y rencontre nombre d’Oulipiens et Papous sous forme cryptée ou non, un « Je me souviens en spirale », une aïeule de la Joconde vivant les dernières minutes de Pompéi et préparant sans nul doute Quelques avis sur Cendrillon, inspirés par un oulipien et comprenant un pastiche d’un autre que je ne citerai pas pour des raisons évidentes de sécurité ! Je n’aurai garde d’oublier l’adorable « Sextine aux six lézards » bien connue des lecteurs de « Jouer avec les poètes » et une résurgence des fresques les plus pures de « Semelles de perles et semelles de fer », très belle et seule revue mensuelle sur les Etudes de l’ère du fer. Que les lecteurs percent le secret de ce texte ! En outre les amateurs de typographie recherchée ne seront pas déçus par la belle mise en page des éditions du GREF.

Mais derrière une forme enjouée, empreinte de beaucoup de finesse, et d’une ironie jamais méchante, Hôpital Cendrillon est une sorte de conte philosophique. Si Chantal Robillard nous conduit avec une très grande humanité en un voyage des plus variés et des mieux documentés, du parler provençal au maquis de l’Allier, des lavoirs dans les villages de France à la chaussure ou à la ponctuation, c’est pour nous faire oublier, ne serait-ce que quelques instants, nos grandes et petites misères et surtout nous faire participer à la détresse et à la souffrance bien particulière rencontrée dans les hôpitaux, de la pédiatrie à la gérontologie. Manifestement, pour Chantal, c’est du vécu !