LABORATOIRE
D'INVENTIONS SCIENTIFIQUE(S)
Cahier
n° 27
Editorial
de Monsieur l'Ingénieur-en-Chef
Naissance
de la mathématique : premières rencontres avec l'infini
Perspective
et géométries : quand les bornes sont franchies il n'y a plus de limites.
Vers une
axiomatisation de l'infini : Cantor ; et après ?
Fractales
et autres objets : il y du monde dans la ménagerie
L'analyse non-standard : une
tentative pour rassurer Monsieur Pascal.
Conclusion , provisoire
Repères: du haut de l'infini
25 siècles nous contemplent.
Bibliographie
La pensée du jour : Quelqu'un
va-t-il prendre enfin la défense de l'infini ? ( Aragon, alors qu'il
était encore libre et pas encore, telle Moscou, gâteux)

EDITORIAL DE MONSIEUR L'INGENIEUR-EN-CHEF
Voici
une étude du Laboratoire d’Inventions Scientifique(s) qui n’a pas la tonalité habituelle
des autres travaux publiés dans les cahiers. En effet la science et la Science
sont multiples et il ne faudrait pas négliger les sciences vulgaires qui
peuvent apporter quelques surprises et pourquoi pas ne pas se rapprocher de la
Science. Le thème de l’infini est à l’évidence de ceux là qui peuvent,
traités sur le mode vulgaire, donner
des aperçus vers la Science.
Les
travaux du Docteur Faustroll, Curateur Inamovible du Collège de
‘Pataphysique, qui dans le chapitre XLI « De la surface de Dieu »
donne dans le calcul dimensionnel, anticipant les dimensions fractales, et démontre
alors, dans un calcul de haute tenue, que
DIEU EST LE POINT TANGENT DE ZERO ET DE L’INFINI. et du Transcendant Satrape
Bison Ravi, qui a plus tard complété ces calculs dans une brochure du Collège :
« Mémoire concernant le calcul numérique de Dieu par des méthodes
simples et fausses»
nous ouvrent la voie vers l’étude de la mathématique et de la logistique –
science des calculs -..
La notion d’infini est l’une des
plus féconde en mathématique et cependant elle reste souvent l’une des plus
confuse. Il n’existerait pas de mathématique(s) au sens où nous
l’entendons s’il n’y avait, partout, sous-jacent, cette idée d’infini
– au moins potentiel.
On a tôt rencontré le problème de la différence essentielle qu’il y a
entre un « très grand nombre » comme par exemple 10
à la puissance 1000 dont nous n’avons aucune image physique – ni
mentale - correspondante et
l’infini. Archimède dans son
traité L’Arénaire se propose d’écrire les nombres les plus grands
concevables à partir de myriades (et de myriades de myriades ad
lib.) mais n’arrive pas à l’infini. Les Indiens de leur côté ont nommé
des nombres tels dhvajagranishamani qui désigne 10 à la puissance 145 ;
il s’agit souvent de retrouver la durée d’un grand cycle que sous tend le
mythe de l’éternel retour cher à René Guénon. C’est un nombre
gigantesque certes mais on est toujours aussi loin
de l’infini !
Chacun sait, depuis qu’il compte sur ses doigts,
que l’ensemble des entiers n’est pas limité : il n’y a pas de
« plus grand entier » , pour autant peut-on parler de l’ensemble †
des nombres entiers ? Que pourrait signifier un ensemble ayant un nombre
non fini d’éléments ? Est-il infini ? Qu’est ce que cela
voudrait dire ? S’il y a dans le monde des ensembles infinis doit-on en
conclure que le monde est lui même infini ?
Galilée
a remarqué qu’il y avait autant de carrés que de nombres
(entiers) puisque chaque entier a un et un seul
carré et réciproquement tout carré d’entier ne provient que d’un entier
(positif) alors que d’évidence il y a plus d’entiers que de carrés
… qu’est ce que ce « autant » ou ce « plus » là
veulent dire ?
A-t-on réellement
une conception de l’infini qui dépasserait une démarche nécessairement
inappropriée ? Ce n’est pas parce que l’on utilise un objet – ici
l’infini – que l’on en a un concept cohérent. Peut-on réellement maîtriser
d’une façon ou d’une autre un calcul une démarche ou un ensemble qui
contient de l’infini ?
Si on admet
l’infini, y a-t-il des infinis plus grands que d’autres ? Comment
manipuler ce symbole « ¥
» en admettant qu’il recouvre quelque réalité ? C’est Cantor qui au
milieu du XIX° a donné les premières réponses
à ces questions considérées avant lui comme non pertinentes car relevant de
la « métaphysique ».
On a vu bien des
paradoxes provenant des calculs non finis comme
Exemple de calcul d’une somme non
finie
si
S= 1-1+1-1+1-1+1-1+1 …
alors
on peut ( ?) écrire S par associativité sous les formes :
S
= (1-1)+(1-1)+(1-1)+ …= 0 + 0 + 0 +…= 0
S
= 1 + (-1+1)+(-1+1)+(-1+1) + … = 1 + 0 + 0 + 0 + 0 … = 1
d’où 1 = 0 !
voire
accepter la « démonstration »
de Leibniz qui établit la formule (qui n’est en fait correcte que pour
|x| < 1) :
1/(x+1)
= 1 – x + x2 - x3
+ x4 - …
puis
l’applique au cas où x=1 et en déduit : S = 1
-1 + 1 – 1 + 1 - 1 … = 1/2
Ces
paradoxes ont obligé à reprendre les définitions de la convergence des séries
et tous les théorèmes sur les limites.
En
géométrie, on dit parfois que deux droites parallèles sont des droites qui se
coupent à l’infini. Est-ce à dire qu’il y a un infini dans le plan ?
Où est-il ? Desargues a posé les fondements d’une géométrie – la géométrie
projective – qui veut donner un sens à, ou à tout le moins une image de,
cette intersection à l’infini et en tirer une méthode pour faire des démonstrations
dans le cadre de la géométrie classique euclidienne.
Inversement
si l’on peut dire, qu’est ce qu’une
quantité infinitésimale ? C’est là toute la problématique des limites
qui questionnent les mathématiques depuis leur début. Une quantité infinitésimale
n’est pas nulle par hypothèse mais cependant plus petite que toute quantité
assignée, alors à quoi correspond cet epsilon « e »
si souvent utilisé en analyse ? C’est le défi relevé par Newton avec
ses « quantités évanescentes » et Leibniz avec ses « différentielles »
à la fin du XVII° siècle lorsqu’ils ont posé les bases du calcul différentiel
et intégral. La mise au point progressive de la notion de limite et les
fondements des calculs différentiel et intégral au long des XVII° au XIX° siècles
a représenté l’essentiel du travail des mathématiciens.
Limite de
longueur = longueur de limite ?
On a là une
démonstration bien connue :
Soit
un ½ cercle de rayon égal à 1, sa longueur est égale à p
, la longueur du diamètre est égale à 2.
Dessinons
alors la courbe obtenue en remplaçant le demi cercle par deux demi-cercles de
rayon moitié : la longueur de cette nouvelle courbe reste inchangée égale
à p ;
recommençons indéfiniment cette opération : la courbe a pour limite le
diamètre du cercle initial puisque tous ses points sont à une distance
« inférieure à e »
du diamètre.
Si
la limite de sa longueur est la longueur de sa limite alors on peut en
conclure que p =
2 ce qui serait pour le
moins surprenant…
Comme quoi
il faut se méfier des intuitions et de la chose la mieux partagée du monde et
ne pas inventer des propriétés ad hoc qui pourraient in
fine se révéler fausses.
La mathématique
n’est pas censée représenter le réel : elle crée des modèles
qui eux imitent le réel ou à tout le moins « fonctionnent » comme
on imagine que fonctionne le réel si tant est que le « réel »
existe vraiment. Alors les diverses théories et modèles mathématiques doivent
bien intégrer l’infini que l’on rencontre dans notre imaginaire du monde réel.
On rencontre
l’infini dans notre vision du réel que ce soit dans la liste des entiers, des
nombres premiers, dans le nombre de points qu’il y a dans une droite – ou
dans un segment. Une détermination naïve de l’infini a été « une
quantité telle que aucune ne pouvait la dépasser », ce qui revient à
dire que l’infini est la borne supérieure des nombres ( ou des « quantités »)…
Cette vision trop simpliste ne rend pas compte des ordres de l’infini :
il faut bien que le modèle mathématique puisse intégrer le
fait qu’ils y a des infinis de divers ordres de grandeur.
Et aujourd’hui, a-t-on complètement explicité cet infini
que nous utilisons couramment en mathématique ? Pourquoi certains mathématiciens
– les constructivistes entres autres - refusent l’infini actuel ? alors
que d’autres essayent – comme Robinson avec l’analyse non-standard - d’éliminer
les appels à l’infini en analyse . Certains objets mathématiques récents
font explicitement appel à l’infini : ce sont les fractales de
Mandelbrot découvertes dans les années 1950 prolongeant le flocon de Von Koch
et mises à toutes les sauces depuis qu’elles ont rencontré le chaos qui
les a étrangement attirées: que peut on dire de ces objets ?
Voilà quelques pistes à suivre pour mener une enquête sur l’infini
…
___________________
Collège An 105 E.P.
Depuis
la plus haute antiquité, l’homme – et donc l’auvergnat - a fait des
activités que l’on peut qualifier de pré-mathématiques. Ce sont des calculs
comme les quatre opérations, de la géométrie (à l’origine : « mesure
de la terre ») mesures de surfaces et de volumes, de l’astronomie ou de
l’astrologie, la différence à ces époques n’est pas pertinente et des études
de numérologie menées à des fins essentiellement religieuses.
Pourtant
cela n’est pas encore de la mathématique au sens de Monsieur Bourbaki . Ils
avaient obtenu des résultats certes assez techniques mais aucun raisonnement
organisé , les mathématiciens avant les grecs n’éprouvaient pas le besoin
de démontrer les résultats ni de théoriser leurs recherches : ils
indiquaient les démarches pour parvenir aux résultats qui justifiaient a
posteriori la démarche relevant surtout du constat et aucun paradoxe n’avait
été soulevé … d’ailleurs dans un tel contexte aucun paradoxe ne pouvait
apparaître.
C’est
la rencontre des ces pratiques pré-mathématiques avec l’infini qui a crée
un choc et obligé les philosophes à reprendre le corpus mathématique pour en
comprendre et expliciter les présupposés et justifier des démarches jusque là
empiriques, en bref c’est la naissance des mathématiques telles que nous
entendons ce terme aujourd’hui.
Parmi
toutes les écoles philosophiques qui se développent au début 5° siècle, il
faut citer l’école pythagoricienne en Grande Grèce qui a eu une grande
influence sur la pensée grecque. Alors que la plus part des mathématiciens
grecs s’intéressaient essentiellement à la géométrie, l’école
pythagoricienne a étudié les nombres en tant que tels. Pour ces chercheurs,
« tout est nombre » et les nombres représentent l’univers (Kosmos)
et sont des divinités ; étudier les propriétés des nombres, faire de
l’arithmétique, c’est approcher le divin d’où l’aspect souvent ésotérique
de la secte pythagoricienne. Dans leur esprit nombre désigne « nombre
entier » supérieur à un (qui n’est pas un nombre mais l’unité) et
par conséquent toute mesure - si c’est un nombre - devait avoir une partie
« aliquote » avec une unité – en clair tout segment devait avoir
une mesure rationnelle - ce qui revient à dire que toute mesure était par
essence un quotient d’entiers et l’on devait pouvoir compter par exemple les
points d’un segment (quoique ce nombre soit trop grand pour être exprimé).
Il est
possible que Ö2
ne soit pas le premier objet irrationnel trouvé. Dans la recherche des parties
aliquotes, les Grecs avaient l’algorithme de l’anthyphérèse : du plus
grand on retire le plus petit et ce jusqu’à avoir deux quantités égales :
c’est pour les nombres le PGCD et pour les mesures l’unité ou plus grande
partie aliquote qui « mesure » les deux grandeurs. ( dire que A
mesure B c’est dire qu’il existe
un nombre (entier) n tel que B = n.A)
Une définition
du nombre d’or, noté f,
est la suivante : soit un rectangle, si on retire un carré du rectangle on
obtient un rectangle de même proportion : quelles sont ces proportions ?
On est amené à résoudre une équation du genre : x :1 : :
1 : x-1 soit , en notation moderne, x/1 = 1/(x-1) d’où l’équation
x²‑x-1= 0 dont la racine (positive) est précisément f
( (1+Ö5)/2
@
1.618033989..); d’après la définition même il est clair que l’anthyphérèse
ne s’arrêtera jamais, le rapport restant constant.
On notera qu’il n’est pas besoin de pouvoir exprimer numériquement
ce rapport pour reconnaître son irrationalité. Ce « nombre d’or »
a été particulièrement étudié par les pythagoriciens qui voyaient en lui
quelque chose de magique. C’est le nombre que l’on trouve dans le « pantagramme
mystique » présent dans certains écrits kabbalistiques ; c’est
aussi la « divine proportion ».
C’est cependant la découverte de
l’irrationalité de racine de deux qui a profondément choqué les
pythagoriciens car elle a été démontrée par des procédés numériques
donc, à leur sens, plus intrinsèques, ceux qui font appel à la nature même
du nombre et non par à un artifice pratique. La démonstration est bien connue,
elle a été reprise dans le Menon de Platon comme illustration des thèses de
la réminiscence et de la maïeutique .
Irrationalité de racine de deux
D’abord
l’existence d’un tel « rapport» : il suffit de considérer un
carré de coté 1, en placer 4 pour faire un plus grand carré puis en traçant
les diagonales on obtient un carré dont l’aire est égale à 2 ; le
rapport de son coté (diagonale du petit carré) au coté du petit carré est
tel que son carré est deux.
On
se propose alors de démontrer l’irrationalité de ce rapport ; le schéma
de cette démonstration est le suivant : soit a/b un quotient d’entiers
(simplifié : donc a et b ne sont pas tous les deux pairs) dont le carré
égale 2.
On
a alors a² = 2b² donc a² est
pair donc a est pair … mais alors on peut poser a =2a’ il vient 4a’²=2b²
soit 2a’²=b² donc b est pair ...
Ce
qui est contraire à l’hypothèse (a et b ne sont pas tous les deux pairs):
donc il n’existe pas d’entiers a et b tels que (a/b)²=2 .
On
peut alors « montrer » la diagonale du carré mais pas l’
« exprimer » : ce rapport n’est pas numérique.
On
notera au passage que cette démonstration est explicitement basée sur des
notions de parité donc sur la pratique opératoire héritée des égyptiens et
l’irrationalité d’autres nombres comme Ö17
est venue bien après.
Irrationalité
de racine de deux par anthyphérèse :
Cette
démonstration est moins classique de nos jours c’est une démonstration usuelle
pour les mathématiciens grecs qui se basent sur une figure géométrique
:
a
b
rapport
Ö2
1
Ö2
Ö2-1
1
-
Ö2-1
2-
Ö2
Ö2
on
retrouve le même rapport que le rapport initial donc l’algorithme ne
s’arrêtera jamais : Ö2
et 1 n’ont pas de partie aliquote.
(on
retrouve le développement en fractions continues des irrationnelles)
Et
c’est tout l’édifice qui s’écroule avec la diagonale du carré.
C’est la fin de l’école : c’est l’intrusion du non fini, de l’ apeiron
dans les mathématiques … et ça les Grecs l’ont en horreur. Cette chose Ö2
a été rejetée en tant que nombre mais il a bien fallu l’accepter en
tant que rapport de mesures.
Le
mythe souligne que celui qui a dévoilé cette irrationalité a péri noyé..
Après Pythagore, en réaction,
les Eléates dont le fondateur fut Parménide ont récusé la mathématique
comme outil d’investigation du monde physique. Puisqu’un nombre pouvait être
« pair-impair » comme le montrait la recherche de la diagonale
d’un carré, les résultats mathématiques débouchaient sur l’ « alogon »
ou illogique (voire l’indicible ?). Aux couples pythagoriciens
pair/impair , illimité/limité, être/non-être, les éléates substituent
la recherche de l’unité de l’être. Au nombre s’est substituée la
mesure. L’outil privilégié pour pénétrer la nature est le discours (au
sens de raisonnement ).
L’école d’Elée
avec Zénon a également levé un lièvre :
Zenon
:
Membre
de l’école éléate, suivant Héraclite, dans la deuxième moitié du V°
siècle, Zénon est bien connu pour ses apories …
Deux
conceptions s’affrontent alors : la vision continuiste qui admet la
divisibilité indéfinie de l’espace, du temps et de la matière et la
conception atomiste qui pose l’existence d’éléments premiers
indivisibles.
Le
paradoxe d’Achille & la tortue est l’une de ses apories les plus
connues :
La
tortue a un stade d’avance sur Achille mais court 10 fois moins vite.
Achille s’élance à sa poursuite : il parcourt le stade mais la tortue
est alors devant lui à 1/10° de stade ; Achille repart et fait ce 1/10°
de stade mais la tortue est toujours devant lui de 1/100° de stade et ce indéfiniment
donc ( ?) Achille ne rattrapera jamais la tortue …
Effectivement
il faut « sommer » une suite 1 + 1/10 + 1/100 + 1/1000+ …. et ce
indéfiniment : or une somme indéfinie de terme peut-elle avoir une
limite finie ? Non dans
un cadre atomiste, peut être bien dans un cadre continuiste encore que l’on
imagine mal cette somme.
Cette
aporie a été à la base de bien des raisonnements, on peut admettre que dès
le XVII° le problème a été résolu de manière assez satisfaisante :
c’est l’étude des suites géométriques et de la convergence de la série
associée qui répond à la question .
Calcul
de la série géométrique :
Soit Sn = 1 + 1/10 + 1/100 + 1/1000 + …. + 1/10n
donc Sn-1/10
Sn = (1 – 1/10n+1)
il vient 9/10 Sn = (1 – 1/10n+1)
d’où Sn = 10/9 (1 – 1/10n+1)
et
la limite est évidente ( ?) : lorsque n®
+ ¥
Sn ®
10/9
Notre collègue Paul Valéry a repris cette problématique dans un poème :
« Zénon !
Cruel Zénon ! Zénon d’Elée !
« M’as tu percé de cette flèche ailée
« Qui vibre, vole et qui ne vole pas !
« Le son m’enfante et la flèche me tue ! […]
« Ah ! le soleil… Quelle ombre de tortue
« Pour l’âme, Achille immobile à grands pas ! »
In « Le Cimetière Marin » 1920
effectivement,
à la limite, Achille est « immobile » puisqu’il parcourt un
espace qui tend vers zéro ; la flèche est une autre aporie de Zénon qui
prouverait l’impossibilité du mouvement (avant de toucher son but la flèche
doit avoir parcouru la moitié du chemin et avant d’avoir fait la moitié le
quart …ad. lib.)
Les
Grecs admettaient assez bien la notion d’infini potentiel
ou d’indéfini mais pas celle d’infini actuel.
Ils savaient d’après Eratosthène que, par exemple, l’ensemble des nombres
premiers était non fini (il suffit de poser « soit n le plus grand nombre
premier » alors n ! +1 = 1.2.3.4….n +1 n’a pas de diviseur £
n d’où la contradiction) mais pour autant ils se seraient interdit de considérer
l’ensemble des nombres premiers comme une totalité bien définie. Dire
qu’il n’y a pas de partie aliquote entre la diagonale du carré et son coté
cela revient à dire qu’il n’y a pas non plus un nombre donné de points sur
un segment mais alors de quoi est fait un segment ?
Si
« tout est nombre » qu’est-ce qu’un rapport irrationnel ?
Ce n’est pas un « nombre » au sens de dénombrant. C’est là la
crise des irrationnelles : il existerait des rapports de grandeurs
(de même nature) non rationnels : quelle est alors leur nature ? Et
au passage quel est le rapport entre la mesure d’une ligne et d’une surface ?
d’une surface et d’un solide ? Si on ajoute une ligne à une surface
celle-ci n’augmente pas doit-on en conclure qu’une ligne a une mesure nulle ?
C’est là que se fait, pour longtemps, la séparation entre « nombre »
et « mesure ». Puisque les nombres ne sont pas capables d’exprimer
des mesures c’est que l’approche du monde par le nombre n’est pas la bonne
voie. Les recherches purement numériques ont continué mais ont versé dans la
numérologie et autres recherches ésotériques et n’ont pas eu vocation à
représenter la nature. Il a fallu attendre les mathématiques arabes et l’algèbre
puis Descartes qui a donné une interprétation géométrique du nombre pour que
le nombre soit réintégré dans le champ de la mathématique et Galilée pour
que la mathématique soit l’outil d’investigation en physique.
Se
posent alors les questions sur les opérations à faire sur ces mesures (par
analogie avec les opérations sur les nombres). Si une « surface »
est formée de « lignes » , alors quel est le sens d’ajouter une
« ligne » à une « surface » ? La ligne peut ne pas
avoir une mesure nulle, et cependant ajouter une ligne à une surface ne modifie
pas la mesure de la surface … C’est là la premier paradoxe de l’infini : «
¥
+ 1 = ¥ »
Bien sûr cette égalité n’a pas été écrite, ni pensée ainsi par les
grecs mais ils ont bien vu le problème : il y a des objets dont les ordres
de grandeur ne sont pas comparables. Euclide a posé un axiome ( dit d’Archimède
car il l’a beaucoup utilisé) qui homogénéise l’ensemble des grandeurs
(nombres et/ou mesures). (On notera que l’analyse non-standard repart de cette
problématique pour donner une définition axiomatique des nombres, « petits »,
« appréciables » ou « grands » et proposer un nouveau
fondement à l’analyse (cf infra)).
Axiome
d’Archimède :
Livre
V d’Euclide définition 4 :
On dit que
deux grandeurs ont une raison entre elles lorsque ces grandeurs étant
multipliées peuvent se surpasser mutuellement .(C’est l’axiome d’Archimède
ou de la mesure) qui interdit de chercher le rapport de grandeurs de nature
différente )
En
termes actuels : soient a et
b sont deux nombres (réels positifs)
si
a > b alors $
n Î
†
/ nb > a
C’est cette problématique que cite Cavalieri dans le « Traité de la
sommation des puissances numériques » :
«
Ainsi les points n’ajoutent rien aux lignes, les lignes aux surfaces, les
surfaces aux solides ; ou – pour parler en nombres comme il sied dans un
traité d’arithmétique – les racines ne comptent pas par rapport aux carrés,
les carrés par rapport aux cubes et les cubes par rapport aux carro-carrés. En
sorte qu’on doit considérer comme nulles les quantités d’ordre inférieur »
On
notera que Cavalieri va jusqu’au 4° degré alors qu’il n’a pas d’image
géométrique correspondante. C’est le résultat bien connu de nos chères têtes
blondes – et autres - : un polynôme se comporte, lorsque la variable tend
vers l’infini, comme son monôme de plus haut degré…
Dans le même ordre d’idées on s’est
posé à nouveau la question de l’« angle corniculaire », angle
que fait une courbe avec sa tangente. Proclus avait déjà au V° siècle
envisagé cet « angle », mais est-ce un angle ? Comment le
mesurer ? Il est nul par rapport à l’angle de deux droites, mais
pourtant on est bien tenté de penser que l’angle d’un cercle avec sa
tangente est, en un certain sens, inversement proportionnel au rayon …: nous débouchons
ici sur une impasse. Ces angles seront réétudiés par les créateurs du calcul
différentiel sans pouvoir apporter d’autre réponse que l’angle
corniculaire n’existe pas (il ne serait pas invariant par une similitude ce
qui, pour un angle, est rédhibitoire), seul a un sens la notion de « rayon
de courbure » , rayon du cercle osculateur à une courbe.
Quant
à l’infini, Aristote est assez
clair : il admet la notion d’infini
potentiel à usage mathématique , infini potentiel qui est plutôt de
l’indéfini – apeiron
– ou illimité. On peut par exemple prolonger une droite
ou telle ou telle collection comme les nombres premiers (cf les travaux d’Erastosthène
avec son crible pour pécher les nombres premiers)
mais en aucun cas cela ne justifie un
infini actuel . Le Cosmos, ou univers, lui est fini. Il est enfermé
dans la « sphère des fixes » sur laquelle sont accrochées les étoiles,
que le modèle du monde soit géocentrique ou héliocentrique.
Le technicien expert en maïeutique
& autres méthodes.

DU
MONDE, DE LA GEOMETRIE AU DEBUT DES "TEMPS MODERNES"
Selon
Ibicrate, le géomètre, élève de Sophratos, les philosophes grecs ont
toujours fait clairement le distinguo entre l’infini potentiel – accepté
par Aristote essentiellement à l’usage des mathématiciens, l’apeiron
- plus exactement traduit par « l’illimité » et l’infini
actuel par exemple l’ensemble des entiers †
en tant que totalité achevée qu’il refuse de considérer.
Au
cours de moyen âge , l’infini devient
un attribut positif puisque attribut de Dieu (et de lui seul) : on admet
l’infini actuel mais uniquement dans le cadre théologique.
Les
questions sur l’infini sont récurrentes dans tous les textes mathématiques
du XIV° siècle sans apporter de réponse autre que calquée sur Aristote.
On trouve dès le milieu du XIII° des travaux comme ceux de Bernard
Grossetête qui envisage qu’il y ait des « infinis » inégaux
entre eux mais les relations comme « égale », « plus grand »
ne peuvent s’appliquer à l’infini car elles sont contradictoires si
l’infini est comme un nombre : on a pu remarquer que, par exemple, 2 x ¥
= ¥
.
Le
cardinal Nicolas de Cues dans son traité de 1440 « La docte Ignorance »
- basé sur la coïncidence des opposés - remarque que le cercle « infini »
dont la courbure devient nulle coïncide avec une droite (et note alors que symétriquement
la surface du cercle tend vers la surface de la droite c’est à dire zéro…) :
dans sa géométrie, cercles et droites sont de même nature puisque
l’on passe continûment de l’une à l’autre.
Au
quattrocento les peintres de la renaissance découvrent la perspective, qui préfigure
une certaine infinitude de l’espace - mais implicitement - , en usent et en
abusent. L’architecte florentin F Brunelleschi (1377-1446) semble avoir été
le premier à poser les règles de la perspective : le tableau est comme
une fenêtre ouverte sur le monde réel et est la trace de ce monde par une
projection centrale autour du « point de vue », la ligne d’horizon
est la ligne vers laquelle convergent les parallèles. Dürer en 1525 a rédigé
un traité de la perspective mais là encore pas de mathématisation.
Avec
Nicolas De Cues,
en physique, pour la première fois le monde devient illimité .
Nicolas Copernic qui posait l’héliocentrisme comme modèle adéquat
pour décrire les orbes des planètes – ce qui ne voulait pas dire que en
« réalité » le soleil était fixe – mais que la description
était plus simple et permettait de faire des calculs prédictifs mieux
qu’avec le modèle géocentrique ( on n’est jamais trop prudent) pensait
le monde fini avec une enveloppe extérieure qui était la sphère des fixes. Ce
sont toutes ces spéculations qui ont influencé
Giordano Bruno, né en 1548 près de Naples, qui lui voit dans le monde
un ensemble infini, actuel, sans « centre » que beaucoup plus tard
Fontenelle célébrera dans son « Entretien sur la pluralité des mondes ».
Bruno est mort brûlé le 17/02/1600 sous l’accusation de « hérétique,
impénitent, opiniâtre & obstiné ». Bruno
a eu son succès d’estime au milieu du 19° avec les positivistes pour
lesquels il représentait l’archétype de la victime de l’obscurantisme de
la fin du moyen âge et de l’inquisition..
Depuis
Euclide en géométrie, en dehors des intuitions de Nicolas de Cues, il n’y a
pas à strictement parler de notion d’infini. Les « demandes »
comme prolonger une droite ne débouchent au mieux que sur un infini potentiel,
mais pas sur un infini actuel : une droite est, pour Euclide, un segment de
droite ( d’où sa demande, alors que de nos jours on définit la droite dès
les petites classes comme un ensemble illimité (est-ce à dire infini ?) )
et le postulat n° 5 dit des parallèles ne s’appuie pas sur une idée
d’infini mais simplement sur la possibilité de prolongement à volonté.
Girard
Desargues (1591-1661) , architecte français, a créé une théorie mathématique
permettant d’étudier la perspective : c’est la géométrie projective
exposée dans son traité « Brouillon
project d’une atteinte aux événements des rencontres du cône avec un plan »
publié en 1639 à cinquante exemplaires. Cette œuvre est difficile à déchiffrer
car rédigée dans un langage peu mathématique et assez touffue. C’est en
fait une glose du « Traité des coniques d’Apollonius » rédigé
dans un esprit novateur qui se propose d’unifier les différentes coniques
(intersections d’un cône et d’un plan) , et qui surtout pose explicitement
l’existence de la « droite de l’infini » droite sur laquelle se
coupent deux droites parallèles. Desargues lance beaucoup de pistes de
recherches dont la « dualité » qui fait s’échanger des points
avec des droites et la notion de
points alignés avec celle de droites concourantes. Desargues influencera Pascal
pour son « Traité des Coniques » et tous les géomètres qui
suivront.
C’est
là l’intrusion de l’infini dans du fini et d’une certaine banalisation de
l’infini : la « droite de l’infini » est une droite parmi
d’autres même si elle a un rôle particulier. Il y a – pour la première
fois - un sens à considérer des rapports dont les termes peuvent ne pas être
finis : il définit le birapport de quatre points (A,B,C,D) = CA/CB :
DA/ DB et démontre que ce birapport est invariant par toute
transformation « projective » ; Dans le cas de la division
harmonique ce birapport vaut –1. Il établit alors que si le point C est au
milieu de AB alors le point D est à rejeté à l’infini.
Un
exemple de division harmonique :
Sur
une droite considérons les 4 points A B C D tels que les distances soient :
3
1
2
A
C
B
D
CA
= -3 ; CB = 1 ; DA = -6
et DB = -2 ; on vérifie que le « birapport » est bien –1 :
c’est une division harmonique.
Et
si D est « à l’infini » alors intuitivement on peut voir que le
rapport des quantités non finies DA/BD ®
1 alors que CA/CB = -1 quand C est milieu de A
Cette
géométrie utilise fortement les notions d’infini mais ne donne pas statut
existentiel pour autant à cette notion. Elle est considérée comme une présentation
et non pas comme une description adéquate du Monde qui reste bien sûr
euclidien. On pourrait dire qu’elle formalise une description : la
perspective, qu’elle est une description de la description et donc n’a pas
la prétention de représenter le Monde.

VERS UNE RATIONALISATION DE L'INFINI : CANTOR
Tout
au long des XVII° & XVIII° siècles, les mathématiques ont fait de
rapides progrès grâce notamment à l’invention du calcul infinitésimal , dérivées
et intégrales par Newton et Leibniz en particulier. On utilisait alors
l’infini sans trop de précautions mais comme les applications se sont révélées
très nombreuses et semblaient donner des résultats exacts, le succès
justifiait, a posteriori, les méthodes utilisées.
Au
début du XIX°, les mathématiciens comme Gauss , Cauchy et autres ont posé
les bases des calculs où intervenait l’infini essentiellement dans les
notions de limites de suites, séries ou fonctions. En définissant la notion de
convergence de façon plus
rigoureuse ils ont éliminé les paradoxes les plus criants sans pour autant
avoir donné un statut à l’infini.
Reprenant
les résultats de Galilée, dans la première moitié du XIX°, Bolzano remarque
que le segment [ 0 , 2 ] est « plus grand » que le segment [ 0 , 1]
et que cependant il y a une bijection entre ces deux segments ce qui
signifierait qu’ils sont « aussi grands l’un que l’autre » .
Euclide dans ses notions communes pose en demande: « Le tout est plus
grand que la partie » . On voit sur cet exemple que la notion de « …
plus grand que … » a besoin d’être explicitée ou alors qu’il faut
abandonner cette demande. Mais que mesure-t-on la « longueur »
d’un segment ou bien sa cardinalité (i.e
le nombre de « points » du segment) ? Dedekind, mathématicien
allemand, a donné le premier une définition précise d’un ensemble infini :
c’est un ensemble E tel qu’il y ait une bijection de E sur une de ses
parties propres.
Hôtel
de Hilbert :
Soit un
hôtel infini et complet.. Arrive un touriste, comment le loger ? :
c’est simple, il suffit de déplacer tous les clients de la chambre n° n à
la chambre n° n+1 et la chambre n°1 est libérée et on peut la donner à ce
nouveau client … en attendant le suivant.
Au milieu
du XIX° Georg Cantor se pose la
question de la « puissance de l’infini » : on définit la
« puissance d’un ensemble » par son nombre cardinal. S’il est
fini aucun problème : son cardinal est le nombre d’éléments de cet
ensemble et c’est un élément de †
. S’il est non fini, on pose alors une relation d’équivalence : deux
ensembles sont équipotents si et
seulement si on peut établir une bijection entre eux .
†
et ‰
ont « même nombre d’éléments »
En
effet, on peut établir une bijection entre †
et ‰
par exemple par :
x Î
†
®
y Î
‰
/ si x pair alors y = x/2 sinon y = - (x+1)/2
donc †
et ‰
ont même nombre d’éléments .
On
peut démontrer de même que ‡
a aussi le même nombre d’éléments : c’est ce que l’on appelle la
« puissance du dénombrable » parfois notée par la lette hébraïque
‹0
.
Et
ˆ
a combien d’éléments ?
Puissance de ˆ
Cantor a démontré que ˆ
a strictement plus d’éléments que † :
c’est la « puissance du continu » notée
‹1
Cantor
a montré par l’argument « diagonal » que ˆ
a strictement plus d’éléments que † :
voici le schéma de sa démonstration :
Soit
une liste (dénombrable) de réels du segment [ 0 , 1 ] en tant que suites décimales
non nécessairement finies :
r0=
0. a0,b0,c0,d0,e0,f0,g0, …
r1=
0. a1,b1,c1,d1,e1,f1,g1,….
r2=
0. a2,b2,c2,d2,e2,f2,g2,…
r3=….
pour
démontrer qu’on n’a pas pu épuiser tous les réels il considère le réel
d’écriture décimale (en admettant que si une décimale est 9 en
ajoutant 1 on obtient 0):
r=0.a0+1,b1+1,c2+1,d3+1,e4+1
….
Il
est clair que ce nombre r ne peut pas apparaître dans la liste précédente
puisqu’il diffère de chaque élément par au moins une décimale donc il ne
peut pas y avoir de bijection entre †
et ˆ :
le cardinal de ˆ
est strictement supérieur à celui de †
La question de savoir s’il y a ou non un nombre entre ‹0
et ‹1
est « ouverte » :
Une théorie des ensembles peut soit poser en axiome qu’il n’y en a pas :
c’est l’hypothèse C (ou
hypothèse du continu ) soit qu’il y en a : ces théories ne sont pas
contradictoires , l’hypothèse est indécidable
Alors combien de points dans un carré de côté 1 ?
Puissance
de ˆ
²
Cantor
était persuadé que ˆ²
avait une puissance strictement supérieure à celle de ˆ
puisque ( ?) ˆ²
est un objet de dimension 2 alors que ˆ
est un objet de dimension 1- ou un carré a un nombre de points indéfiniment
supérieur à son côté ( cf.
l’axiome d’Archimède)
(cf. infra:
Fractales sur les dimensions)
Et
pourtant :
à
tout réel de [ 0 , 1 ] écrit sous forme décimale :
r=
0 . a1,a2,a3,a4,a5,…. il fait correspondre le couple de réels
x=
0. a2,a4,a6,… en prenant les décimales de rang pair
y=
0. a1,a3,a5,… en prenant les décimales de rang impair
il
crée ainsi une bijection entre ˆ
et ˆ²
donc ils ont même puissance
Dans
une lettre du 21 juin 1876 Cantor écrit à Dedekind à propos de cette démonstration :
« Je vois ma démonstration mais
je n’y crois pas »
Elle
est correcte.
Cantor
a ouvert une certaine boite de Pandore car dès lors qu’il y a un infini, il y
a des infinis de toutes puissances, des ordinaux trans-finis & autres objets
étranges …
Cantor
est mort fou.
Le stagiaire perdu dans les méandres
du trans-fini

DES FRACTALES
ET AUTRES ANIMAUX DE LA MENAGERIE MATHEMATIQUE
Cantor
avait, pour illustrer ses rêveries fabriqué des ensembles plutôt étranges :
l’un des premiers qu’il ait « construit » est l’ensemble
triadique.
Ensemble triadique de Cantor
Soit
le segment C0 = [ 0 , 1 ]
on
retire de ce segment le 1/3 central ce qui donne le nouvel ensemble
C1
= [0,1/3] È
[2/3,0]
puis
de chaque segment à nouveau le 1/3 central ce qui donne :
C2
= [0,1/9] È
[2/9,1/3] È
[2/3,7/9] È
[8/9,1]
puis
on recommence indéfiniment : l’ensemble « limite » Cn
lorsque n®
+¥
est l’ensemble triadique de Cantor.
Cet
ensemble a des propriétés étranges :
On
peut démontrer que la longueur totale des segments retirés a pour limite 1
(c’est la série associée la suite géométrique de terme initial 1/3 et de
raison 2/3) : la « longueur de l’ensemble triadique est nulle »
On
peut également démontrer que la puissance de cet ensemble est celle de ˆ :
en effet si on écrit les réels en base 3 on a retiré tous les nombres qui
comportent un 1 dans leur écriture, restent alors tous les nombres ayant une
écriture de type décimal avec des 0 et des 2 uniquement; il suffit de
remplacer les 2 par des 1 pour retrouver tous les réels de l’intervalle [0
, 1] (écrits en base 2) donc la puissance de ˆ.
Il
est par ailleurs évident que si on dessine un agrandissement de cet ensemble
dans le rapport 3, l’image coïncide exactement avec l’objet de départ.
Comme l’accorte laitière, avec
ses tresses blondes, la gorge pigeonnante sous son tablier en vichy
et son petit panier d’osier brandissant joyeusement une boîte de
camembert , dessinée sur les boites de ce même camembert qui se voit ainsi en
abyme sur l’étiquette, et, en plongeant dans son décolleté,
on se demande bien jusqu’où les images s’emboîtent.
Peut-on
parler de l’existence de cet objet qui n’est défini que comme une limite,
un processus sans fin ?
Voilà
un exemple simple donné par Mandelbrot vers 1950 d’un « objet fractal ».
Et il y en a bien d’autres : un réseau hydrographique, - ou le système
sanguin en sont d’autres exemples canoniques.
Une
promenade au bord de l’Océan …
Faisons
une promenade au bord de l’eau. Quelle est la longueur des côtes de
Charente Maritime ? Tel dépliant touristique connaît la réponse et
annonce quelques 150 km. Qu’est-ce que cela signifie ? Cette question a
l’air étrange et pourtant.
Si
l’on mesure la longueur du trait noir représentant la côte sur la carte
Michelin au 1 / 200 000ème ,
avec un curvimètre on trouve effectivement les 150 km annoncés. Oui, mais si
on prend une carte IGN au 1/20 000ème
en faisant la même démarche on peut trouver – peut être – 300 km :
la longueur augmente car de nouveaux détails apparaissent ( Cette situation
ne se produirait pas dans les Landes...). Et si on fait à pied, en suivant le
« chemin des douaniers » on risque de faire encore plus, et si
c’est une minuscule bestiole qui se charge de l’arpentage et fait le tour
des cailloux voire des grains de sable, on imagine bien que la longueur croît,
jusqu’où ?.
La
« longueur » de la côte n’a donc
pas de sens : elle dépend de l’échelle.
Tous
ces objets ont en commun d’avoir une « homothétie interne » :
Si on en fait un agrandissement, comme un zoom, on retrouve la même image, la même
laitière.
C’est
le flocon de neige, construit par Von Koch ( 1870-1924),
en 1904 qui représente l’exemple le
plus connu des fractales.
Il
est défini par récurrence : on pose F0 = un triangle équilatéral, puis
on remplace chaque coté par une ligne brisée formée de 4 segments de
longueur un tiers du côté initial, les deux extrêmes sur le côté et les
deux segments centraux formant deux côtés d’un triangle équilatéral à
l’extérieur de la figure. On obtient alors F1, polygone étoilé de 12 côtés,
puis on recommence la construction pour arriver
à F2 formé de 36 côtés (de longueur 1/3 de des côtés de F1) et on réitère
cette construction …
On
appelle « flocon de neige » la figure limite quand le nombre d’itérations
n ®
¥
Il
est clair que les périmètres des flocons Fn sont en croissance géométrique
de raison 4/3 donc le périmètre de F n’a pas de limite finie. Par contre la
surface intérieure au flocon est à l’évidence finie (la flocon est
inscriptible dans un cercle de rayon 1).
Quelle
est la nature de cette ligne ? sa longueur est non finie, elle est fermée
et ne se recoupe pas ce n’est pas une surface alors quoi ?
Jusqu’au
début du XX° siècle, les objets géométriques classiques avaient une
dimension évidente et entière : une ligne est de dimension 1 , une
surface de dimension 2, un volume de dimension 3 (et on imaginait, depuis le
XVIII°, des dimensions supérieures mais toujours entières).
Suivant
l’usage des grecs, il n’est pas question de mêler ces diverses dimensions
(ce qu’interdit précisément l’axiome d’Archimède). Il est clair que si,
par exemple, je multiplie par k les dimensions (linéaires) d’une surface,
celle ci est multipliée par k2 , car 2 est la dimension d’une
surface et le volume d’un solide sera multiplié par k3.
La
dimension de Hausdorff d’un objet est définie par :
« Soit
M la mesure d’un objet, on multiplie ses dimensions (linéaire) par k, la
mesure de l’objet est alors M.kp ; par définition p est la
dimension de l’objet » .
En
1950, Benoît Mandelbrot, ingénieur chez IBM a repris cette définition et
l’a étendue aux valeurs non nécessairement entières de p.
Quelques
dimensions … :
Les
côtes : si en multipliant l’échelle par 10 on obtient une mesure 20
fois plus grande cela signifie que la dimension est 1.301303 car 20 = 10 1.30103
Cette « dimension » est fractale i.e.
non entière. Elle mesure le degré d’irrégularité des côtes.
La
courbe de Von Koch a pour dimension 1.2618… car en multipliant par 3 la
mesure linéaire on multiplie par 4 la mesure du périmètre et 4 = 3 1.2618…
(c’est ln4/ln3)
dans
la pratique la dimension fractale – ou non – s’obtient par :
d=(logarithme
coefficient de la mesure)/(logarithme coefficient linéaire)
Par
définition, on appelle « objet fractal » un objet dont la dimension
n’est pas entière. Ce sont les côtes , un réseau hydrographique,
l’ensemble triadique de Cantor, le flocon de Von Koch et bien d’autres
objets .
On notera que si un objet a une dimension fractale strictement comprise entre 2
et 3 par exemple, son aire est non finie mais son volume est nul (c’est
« plus » qu’une surface mais « moins » qu’un
solide).
Un
calcul du Chanoine Swift :
(...)
Il - Gulliver- recevra chaque jour la ration alimentaire de mille sept
vingt-quatre de nos sujets (…)[2]
Peut-on
remarquer que Gulliver est douze fois plus grand qu’un lilliputien donc son
volume est en raison douze au cube soit mille sept vingt-huit : on peut
être un bon écrivain, saisir des notions mathématiques
et cependant être un piètre calculateur (à moins que cette erreur ne
provienne du prote) .
L’Ingénieur
en charge du relevé topographique des côtes.

ANALYSE NON STANDARD
Fidèles
à Guy Debord, voyons d’abord quelques situations en vrac :
Texte
de Monsieur Blaise Pascal :
*
« Car
enfin qu’est-ce qu’est l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard
de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et
tout, infiniment éloigné de comprendre les extrêmes »
En
effet, comment comparer le ciron, l’homme et Dieu ?
Propositions
de Deledicq :
(1)
On peut faire un mur de 2 briques de haut
(2)
Si X°°° peut faire un mur de n briques de haut alors il existe un Monsieur
Y qui peut bien faire un mur de (n+1) briques de haut
(3)
Il existe une hauteur telle que nul ne puisse faire un mur de briques de cette
hauteur.
Ces trois propositions de la « vie courante » semblent bien vraies
et cependant à y regarder d’un peu plus près qu’en est-il alors du
« principe de récurrence » ? est-il si évident que cela en
fin de compte et vrai en un certain sens ?
Morales :
Si
je donne un franc à un pauvre devient-il riche ?
Si
je prend un franc à un riche devient-il pauvre ?
Non , mais en continuant ?
Oui
mais alors où est la « frontière » ?
On retrouve la problématique du tas de sable : à partir de quel moment
des grains de sable forment-ils un tas de sable ?
Mathématique
à la louche :
Un
peu fois un peu = un peu Un peu plus un peu = un peu
Moyennement
fois un peu = un peu Moyennement plus un peu = moyennement
Moyennement
fois beaucoup = beaucoup
Moyennement plus beaucoup = beaucoup
Beaucoup
fois beaucoup = beaucoup
Beaucoup plus beaucoup = beaucoup
Oui
mais …
Beaucoup
moins beaucoup = ?
Moyennement moins Moyennement = ?
Beaucoup
fois un peu = ? Beaucoup divisé par beaucoup = ?
S’il
n’y avait que trois « nombres » la mathématique serait finalement
plus simple mais un tantinet ambiguë
Voilà
quelques unes des situations auxquelles l’analyse non-standard donne un
commencement de réponse.
Crée
en 1960 par Abraham Robinson (Non standard-analysis) et reprise par Nelson ,
l’analyse non-standard se propose d’élucider ou à tout le moins de faire
rentrer dans la champ de la mathématique la notion de « grand »,
« petit » et « appréciable » avec des règles
compatibles avec l’intuition que l’on peut avoir de ces notions.
On
ajoute aux mathématiques classiques un nouveau qualificatif : « standard ».
Tout objet des mathématiques classiques (objets « internes ») est
soit standard (s) soit non-standard (ns). Il existe des objets « externes »
ceux dont la définition requiert l’usage du mot « standard » et
ses dérivés. Par exemple l’ensemble s†
des entiers standards n’est pas un ensemble des mathématiques classiques.
L’analyse
non-standard repose sur une nouvelle théorie des ensembles (IST : Internal
Set Theory) qui postule trois axiomes pour régir l’utilisation du mot
standard en plus des axiomes de la mathématique classique (ZFC ou Zermelo,
Fraenkel & Cohen ). Ce sont :
1-
Si E est un objet interne défini à partir d’objets standards alors E est
standard.
2-
Tous les éléments d’un ensemble interne sont standards si et seulement si
cet ensemble est fini.
3-
Soit P une propriété portant sur l’objet mathématique x. Alors P(x) est
vraie pour tout x ssi P(x) est vraie pour tout x standard.
Le
premier principe traduit une hérédité du caractère standard au sein des
objets internes : ainsi Æ
est standard donc 1,2,3, †
, ˆ
, etc … sont standards
Le
second principe nous permet d’affirmer que les ensembles formés uniquement
d’objets standards sont finis : donc on trouvera des objets non-standards
dans †
par exemple.
Le
troisième principe nous permet de travailler avec les objets non-standards
comme avec les objets standards et transférant leurs propriétés.
Dans
une première étape, considérons l’ensemble †
des entiers. Il possède des éléments non-standards car il est non-fini.
Soit
n un entier s de †
. L’ensemble In des entiers tels que q<n est un ensemble interne, fini donc
tous ses éléments sont standards, ainsi un entier non-standard est nécessairement
plus grand que n et ce quelque soit n. Un entier non-standard est donc supérieur
à tout entier standard. Un entiers non-standard est appelé « entier
illimité » et les entiers standards « entiers limités ».
Nonobstant tout entier standard ou non-standard est fini.
Pour
les réels ( standards ou
non-standards) on a les définitions suivantes :
x
est limité ssi $
n , entier limité / x<n
x
est illimité ssi il est plus grand que tout entier limité
x
est infinitésimal ssi |x| < 1/n pour tout entier limité n ( ce qui revient
à dire que x est infinitésimal ssi x ¹
0 est l’inverse d’un réel illimité)
x
est appréciable ssi il n’est ni illimité ni infinitésimal
x
est infiniment voisin de y ssi x-y est infinitésimal
Il y a donc trois types de réels : les illimités, les appréciables et
les infinitésimaux , chacun pouvant être standard ou non .
On
retrouve définis les quantités « évanescentes» de Newton ou les
« infinis » utilisés par Euler sans trop de rigueur dans une théorie
mathématique et non plus seulement avec des mots. Les notions de « grands
nombres » , de « nombres négligeables » et autres
prennent alors un sens précis
et opératoire en particulier la « table de Pythagore » donnée
en exemple dans l’introduction à ce chapitre . Cette approche des infinitésimaux
reprend finalement la problématique de Liebniz et ses « différences ».
Voyons
comment utiliser cette théorie. D’abord une analogie: soit à mesurer un
objet comme une feuille de papier dont on sait que les dimensions sont « standard »
donc on sait que ses mesures sont un multiple des dimensions standard des
papiers par exemple des multiples de 10.5 cm (format du A5). Une mesure vite
faite peut me permettre d’affirmer que la feuille fait entre 40 et 45 cm soit
entre 3.5 et 4.5 fois l’unité : alors puisque la mesure est standard
(dans ce cas elle est entière) je peux en conclure avec précision que
la mesure est exactement 4 unités donc 42 cm.
Deux
réels standards sont égaux ssi leur différence est infinitésimale d’où la
méthode.
Exemple
de calcul :
Pour
ce faire, on découpe la surface sous la parabole en
n rectangles – tout comme dans la méthode proposée par Riemann -
mais ici n est « illimité ».
La
surface des rectangles est S
=
soit S
= 1/3 . (1+1/n)(1+1/2n)
Les
calculs sont corrects (principe de transfert)
La
différence entre S, la surface et S
est inférieure à 1/n comme on le voit en considérant les restes entre les
rectangles et la parabole.
|S
- S |
< 1/n : la différence
est infinitésimale S
et S sont standards donc S=S
Or
|S
– 1/3| est infinitésimal :
il suffit de développer donc S
= 1/3 et S = 1/3
L’aire
sous la parabole entre 0 et 1 est donc 1/3
On
voit donc ici tout l’intérêt de l’analyse non-standard : il n’y a
pas besoin de faire appel à des notions de limites ( ou d’exhaustion comme
la méthode d’Archimède) pour calculer cette aire.
En
fin de compte, l’analyse non-standard introduit un modèle apparemment
finitaire des nombres réels où un nombre réel standard x peut être vu comme
un halo de nombres (non nécessairement standard) situés à une distance
infinitésimale de x. De loin (à une échelle macroscopique) , le conglomérat
de ces halos a toutes les caractéristiques du continu. Jouant sur les échelles
micro & macroscopiques, l’analyse non-standard fournit une théorie
finitaire du continu et arithmétise de nombreuses procédures d’analyse
classique.
La
conséquence générale de ces tentatives pour capter l’infini dans le fini
est qu’il devient légitime de s’interroger sur la nécessité théorique
d’assumer toute l’échelle des cardinaux transfinis de Cantor. Il semble
que, pour l’essentiel des mathématiques applicables à la physique, il ne
soit pas logiquement nécessaire d’accepter l’infini actuel et que pour
l’analyse fonctionnelle on puisse
se restreindre à l’infini dénombrable, remplaçant les ensembles par des
suites.
La demoiselle du téléphone, en charge
du standard

CONCLUSION (PROVISOIRES)
Le Laboratoire d’Inventions
Scientifique(s) a bien l’intention de poursuivre ces travaux et ses Ingénieurs
& Techniciens aimeraient bien comprendre un jour ce qu’est l’infini.
Tel
un trou noir, l’infini est troublant. Si le temps est infini est ce que cela
implique nécessairement comme le croient Guénon, Eliade et autres initiés que
l’éternel retour ait lieu ?
Et que la
bibliothèque borgésienne de Babel soit complète ?
Nous
offrons ces travaux in progress à
messieurs Deleuze, Virilio ,
Derrida voire Bourdieu, mâdâme Kristeva
et autres intellectuels français afin de leur procurer de nouvelles notions
pour filer des métaphores encore plus percutantes que celles que l’on trouve
dans les articles publiés dans les revues spécialisées.
Toute
remarque, complé(i)ment, errata, addenda seront bienvenus et aideront à mener
ce cahier vers la perfection, idéal asymptote
à l’infini.
Le collectif des
Cahiers de l’Amicale du Laboratoire d’Inventions Scientifique(s)

PYTHAGORE
»
585-500 Irrationalité de Ö
2
»
490-430 Ecole d’Elée, paradoxe
d’Achille & la tortue
EUCLIDE
»
- 300 Les Eléments
ARCHIMEDE 287-212
L’Arénaire, Quadrature de la parabole
Filipo
BRUNELLESCHI 1377-1446
Invention de la perspective
Nicolas de CUSE 1401-1464
De Mathematicis Complementis
Galileo
GALILLEI 1564-1642 Dialogue sur le système du monde (1632)
Johanes
KEPLER 1571-1630 Stéréométrie (1615)
Girard
DESARGUES (1635)
John WALLIS 1616-1703
Arithmetica Infinitorum ( 1656)
Isaac
NEWTON 1643-1727 Principes
… (1687)
Gottfried LEIBNIZ 1648-1716
De Arte Combinatoria (1666)
BOLZANO 1781-1848
Paradoxen Des Unendlichen (1851)
Richard DEDEKIND 1831-1916
Was sind … die zahlen (1896)
Georg
CANTOR 1845-1918 Grunlagen … (1883
)
Guiseppe PEANO 1858-1932 Principes arithmétiques (1889)
Félix
HAUSDORFF 1868-1942
David HILBERT 1862-1943
Grundlagen … (1899)
Helge
Von KOCH 1870-1924
Jan BROUWER 1881-1966Théorie de la
dimension (1913)
Abraham
ROBINSON 1918-1974
Non standard analysis (1966)
1
Une Histoire des mathématiques
Routes & dédales
Dahan, Pfeiffer Le point Sciences n° 49 Le livre le plus complet à un
niveau accessible à tous …
2
Penser les mathématiques
Collectif Le point Sciences n° 29
Un
recueil d’articles des plus grands mathématiciens contemporains
… lisibles et subtils
3
Infini des mathématiciens, Infini
des philosophes Belin 1996
Collectif, F Monnayeur Peu de mathématiques mais une vue sur la notion
d’infini à travers les âges
4
Nombre Mesure et Continu
Jean Dhombres Cedic Nathan 1978
5
L’infini au carrefour de la
philosophie et des mathématiques
Jacqueline Guichard IREM Editeur : Ellipses Paris 2000
6 Apprivoiser l’infini
A Deledicq et Casiro ACL
Editions
7
Invitation aux mathématiques
Michael
Guillen Point Sciences 104
Un ensemble de textes remarquables : un livre de maths d’un bon
niveau accessible à tous, sans aucune équation ni formule.
8
Oh ! Les fractales ou les aventures de Rose Polymath
Ian Steward
Ed Belin Une BD divertissante qui explique très bien ce qu’est une
fractale.
9 Constructivisme
non-standard
Collectif Université de Lille Presses du Septentrion.
Pour « spécialistes »
10
POUR LA SCIENCE
Numéro spécial sur l’infini, Décembre 2000
Recouvre à peu près l’intégralité de ce document …
REFERENCES
INTERNET
http://perso.wanadoo.fr/naidon/pascal/science/nonstand.html
Un survol de la genèse de l’analyse non-standard
http://thoralf2.uwaterloo.ca/htdocs/scav/principia/principia.html
Une introduction à Russel & Whitehead
http://chronomath.irem.univ-mrs.fr/
Un ensemble de pages
très bien faites et lisibles tant pour l’histoire des maths que les
courbes et les mathématiciens. On y trouve de plus de nombreux liens vers
des sites plus « techniques »
http://www-history.mcs.st-and.ac.uk/history/index.html
Ce site de
l’Université de Saint Andrew a développé des pages très bien faites
sur l’histoire des mathématiques et des biographies de mathématiciens
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Ce Cahier de l'Amicale
du
Laboratoire d'Inventions Scientifique(s)
porte le Numéro XXVII
& est con sacré à l'INFINI
Il
a été réalisé dans le Laboratoire d’Inventions
Scientifique(s)
le
mercredi
6 juin 2001
Il a été matérialisé en 2001 v.
Immatérialisé sur internet
entre les treize coups de minuit le 08-06-2001.
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