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Quelques
chansons engagées
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Musique
de
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Arthur,
où t'as mis le corps ?
Le déserteur
La java des bombes atomiques
On n'est pas là pour se faire
engueuler
Complainte du progrès |
?
Boris Vian et Harold Berg
?
Jimmy Walter
Alain Goraguer |
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Autres
Chansons : si vous en connaissez d'autres, faites moi signe.
Merci d'avance !
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La
chanson de Bilbao
C'est le be-bop
Oh ! si y'avait pas ton père
Faut rigoler (cha-cha gaulois)
Rock et roll-mops
Je bois
La complainte du progrès
Place Blanche
J'suis snob
Va te faire cuire un oeuf, man !
Rock-Hoquet (J'ai le hoquet)
Blouse de dentiste
Fais moi mal, Johnny
Elle, il, l'autre (ballet)
Odon et Dunoeud (ballet)
Le chevalier des neiges (ballet)
L'aboyeur
Rue des ravissantes
Une regrettable histoire
C'était un gars
La marche arrière
L'amour
La chasse à l'homme
Oh ! quand les saints
Abécédaire musical
Mozart avec nous
Mademoiselle Bonsoir
Complainte du priapisme
Mon oncle Célestin
La java martienne
Fiesta
faites sautez la banque
Lily Strada
Ca pince
Le petit Lauriston
Bourrée de complexes
Chaperon rock
Ah ! si j'avais un franc cinquante
Le gars de Rochechouart
J'aime pas
Java mondaine
A Cannes cet été
Les pirates
Valse Jaune
Rue Watt
Relax
L'âme slave
Chantez
C'était pour jouer
Une bonn' paire de claques
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Kurt Weil
Jack Diéval
Henri Salvador
Henri Salvador
Michel Legrand
Alain Goraguer
Alain Goraguer
Henri Salvador
Jimmy Walter
Michel Legrand
Henri Salvador
Henri Salvador
Alain Goraguer
Roland Petit
Roland Petit
Georges Delerue
Georges Delerue
Pierre Kast
Darius Milhaud |
Arthur, où t'as mis le
corps
C'était
un forfait parfait, un vrai forfait bien fait,
Car on est des fortiches.
Le client était futé, alors on l'a buté
Pour faucher ses potiches.
C'est Arthur qu'y'était chargé de se débarrasser
De son cadavre moche
Mais Arthur a rappliqué en murmurant: "Ça cloche !
J'sais pas où il est passé."
"Hein?
Arthur, où t'as mis le corps ?", qu'on s'est écrié en choeur.
"Ben j'sais pus où j'l'ai foutu, les mecs."
"Arthur réfléchis non de d'la ! Ça un' certaine importance."
"C'que j'sais, c'est qu'il est mort, ça les gars j'vous l'garantis,
Mais bon sang c'est trop fort je m'rappelle pus où c'que j'l'ai mis !"
Mais l'marchant d'antiquités avant d'être liquidé
Avait pris l'bidophone
Et nous voilà dans la brousse, un car de flics aux trousses.
On la trouvait moins bonne.
On a loupé un tournant et on s'retrouve en plan
Au milieu d'une vitrine.
Les poulets s'amènent en tas et puis ils nous cuisinent
Dans la p'tite pièce du bas.
"Ouille !
Arthur, où t'as mis le corps ?" s'écriaient les inspecteurs.
"Ben j'sais pus où j'l'ai foutu, les mecs."
"Arthur réfléchis non de d'la ! Ça un' certaine
importance."
"C'que j'sais, c'est qu'il est mort, ça les gars j'vous l'garantis,
Mais bon sang c'est trop fort je m'rappelle pus où c'que j'l'ai mis
!"
On a écopé dix ans. C'est plus que suffisant
Pour apprendr' la belote.
On n'pouvait pas s'empêcher de toujours questionner
Notre malheureux pote.
Comme il maigrissait beaucoup on cognait plutôt mou,
Pour pas trop qu'il s'étiole.
Mais en nous-mêmes on pensait: Arthur se paie notr' fiole.
Il nous fait tous marcher.
"Tu vas causer oui ?
Arthur, où t'as mis le corps ?", qu'tous les jours on lui
d'mandait.
Arthur, il en est mort et on sait pas où il est passé !
Ah la vache alors, Arthur.
Allons mes enfants, votre copain Arthur où l'avez-vous mis, hein ?
Aucun d'nous n'se rapp'lait plus ce qu'on avait foutu
De cet Arthur de merde
Et le directeur furax attrappait des antrax
À l'idée qu'il se perde.
On a fait v'nir un devin qui lisait dans les mains
Et même dans les oreilles
Mais comm' tout ça n'donnait rien un beau soir on essaie
Le spiritisme ancien.
Ça tourne les enfants ça tourne :
"Arthur, es-tu là ?"
"Oui les gars."
"Arthur, où t'as mis ton corps ?"
"Mais j'ai pus d'corps, les gars."
"Arthur, as-tu du coeur ?"
"Belote, les gars, rebelote et dix de der."
"Ah..."
Et on a enfin compris que ce salaud d'Arthur était au paradis.
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Le déserteur
Monsieur le président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps.
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir.
Monsieur le président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens.
C'est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je m'en vais déserter. |
Depuis que je suis né,
J'ai vu mourir mon père,
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants.
Ma mère a tant souffert
Qu'elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers.
Quand j'étais prisonnier,
On m'a volé ma femme,
On m'a volé mon âme,
Et tout mon cher passé.
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes,
J'irai sur les chemins. |
Je
mendierai ma vie
Sur les routes de France,
De Bretagne en Provence
Et je crierai aux gens :
« Refusez dobéir,
Refusez de la faire,
Nallez pas à la guerre,
Refusez de partir. »
Sil faut donner son sang,
Allez donner le vôtre,
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le président.
Si vous me poursuivez,
Prévenez vos gendarmes
Que je naurai pas darmes
Et quils pourront tirer.
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La java des bombes atomiques
Mon oncle, un fameux bricoleur
Faisait en amateur
Des bombes atomiques.
Sans avoir jamais rien appris,
C'était un vrai génie,
Question travaux pratiques. |
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1
Il s'enfermait toute la journée
Au fond d'son atelier
Pour faire des expériences
Et le soir il rentrait chez nous
Et nous mettait en transe
En nous racontant tout. |
2
Pour fabriquer une
bombe A,
Mes enfants, croyez-moi,
C'est vraiment de la tarte.
La question du détonateur
S'résout en un quart d'heure.
C'est de celles qu'on écarte. |
3
En c'qui concerne la
bombe H,
C'est pas beaucoup plus vache
Mais une chose me tourmente
C'est qu'celles de ma fabrication
N'ont qu'un rayon d'action
De trois mètres cinquante.Y'a
quelqu'chose qui cloche
là-d'dans !
J'y retourne immédiatement. |
4
Il a bossé pendant
des jours,
Tachant avec amour
D'améliorer l'modèle.
Quand il déjeunait avec nous,
Il avalait d'un coup
Sa soupe au vermicelle.
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5
On voyait à son air féroce
Qu'il tombait sur un os
Mais on n'osait rien dire,
Et puis un soir, pendant l'repas,
V'là tonton qui soupire
Et qui nous fait comme ça :
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6
A mesure que je deviens vieux
Je m'en aperçois mieux :
J'ai le cerveau qui flanche.
Soyons sérieux, disons le mot,
C'est même plus un cerveau,
C'est comme de la sauce blanche. |
7
Voilà des mois et des années
Que j'essaye d'augmenter
La portée de ma bombe
Et je n'me suis pas rendu compte
Que la seule chose qui compte,
C'est l'endroit où c'qu'elle tombe.
Y'a quelqu'chose qui cloche là-d'dans,
J'y retourne immédiatement." |
8
Sachant proche le résultat,
Tous les grands chefs d'Etat
Lui ont rendu visite.
Il les reçut et s'excusa
De ce que sa cagna
Etait aussi petite. |
9
Mais sitôt qu'ils sont tous entrés
Il les a enfermés
En disant "Soyez sages !"
Et, quand la bombe a explosé,
De tous ces personnages,
Il n'en est rien resté.
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10
Tonton, devant ce résultat,
Ne se dégonfla pas
Et joua les andouilles.
Au tribunal, on l'a traîné,
Et devant les jurés,
Le voilà qui bafouille : |
11
Messieurs, c'est un hasard affreux,
Mais je jure devant Dieu,
Qu'en mon âme et conscience,
En détruisant tous ces tordus,
Je suis bien convaincu
D'avoir servi la France." |
12
On était dans l'embarras,
Alors on l'condamna,
Et puis on l'amnistia
Et le pays reconnaissant
L'élut immédiatement
Chef du gouvernement. |
On
n'est pas là pour se faire engueuler
Un beau matin de juillet, le réveil
A sonné dès le lever du soleil
Et j'ai dit à ma poupée "Faut te s'couer,
C'est aujourd'hui qu'il passe."
On arrive sur le boulevard sans retard
Pour voir défiler le roi d'Zanzibar,
Mais sur le champ, on est r'foulés par des agents, alors j'ai dit :
"On n'est pas là pour se faire engueuler.
On est v'nus pour voir le défilé.
On n'est pas là pour se faire assommer.
On est v'nus pour voir le défilé.
Si tout le monde était resté chez soi ça f'rait du tort à la République.
Laissez-nous donc qu'on le regarde.
Sinon sans ça quand la reine reviendra ma parole nous on r'viendra pas."
Jour de la fête à Julot, mon poteau,
Je l'ai invité dans un p'tit bistrot
Où y'avait du Beaujolais vrai de vrai,
Un nectar de première.
On est sortis très à l'aise et voilà
Que j'ai eu l'idée de l'ram'ner chez moi,
Mais j'ai compris devant l'rouleau à pâtisserie alors j'ai dit :
"On est pas là pour se faire engueuler.
On est v'nus pour la fête à mon pote.
On est pas là pour se faire assommer.
On est v'nus faire une petite belote.
Si tout le monde restait toujours tout seul,
Ça serait d'une tristesse pas croyable.
Ouvre cette porte et sors des verres.
Ne t'obstine pas car sans ça l'prochain coup,
Ma parole j'rentre plus du tout."
Ma femme a cogné si fort cette fois-là
Qu'on a trépassé l'soir même et voilà
Qu'on s'retrouve au paradis vers minuit,
Devant monsieur Saint-Pierre.
Il y avait quelques élus qui rentraient
Mais aussitôt qu'on s'approche du guichet,
On est r'foulés et Saint-Pierre se met à râler alors j'ai dit :
"On est pas là pour se faire engueuler.
On est v'nus essayer l'auréole.
On est pas là pour se faire assomer.
On est morts. Il est temps qu'on rigole.
Si vous flanquez les ivrognes à la porte,
Il doit pas vous rester beaucoup d'monde.
Portez vous bien mais nous on s'barre.
Alors on est descendus chez Satan et en bas c'était épatant,
C'qui prouve qu'en protestant quand il est encore temps,
On peu finir par obtenir des ménagements."
Complainte
du progrès : Les arts ménagers (1955)
Paroles de Boris Vian
Enregistré par Vian et Mouloudji |
Musique d'Alain
Goraguer |
1
Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son coeur
Maintenant c'est plus pareil
Ca change, ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille
(Séducteur : Ah, Gudule !)
Refrain 1
Viens m'embrasser
Et je te donnerai
Un frigidai-reu
Un joli scoutai-reu
Un atomixai-reu
Et du Dunlopillo
Une cuisiniè-reu
Avec un four en ver-reu
Des tas de couvai-reu
Et des pellagâteaux
Une tourniquette
Pour faire la vinaigrette
Un bel aspirateur
Pour bouffer les odeurs
Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux
Et nous serons heureux
Coda
Au frigidai-reu
À l'efface-poussiè-reu
À la cuisiniè-reu
Au lit qu'est toujours fait
Au chauffe-savates
Au canon à patates
À l'éventre-tomates
À l'écorche-poulet
Mais très très vite
On reçoit la visite
D'une tendre petite
Qui vous offre son coeur
Alors on cède'
Car il faut qu'on s'entraide
Et l'on vit comme ça
Jusqu'à la prochaine fois
Et l'on vit comme ça
Jusqu'à la prochaine fois |
2
Autrefois, s'il arrivait
Que l'on se querelle
L'air lugubre on s'en allait
En laissant la vaisselle
Maintenant, que voulez-vous ?
La vie est si chère
On dit rentre chez ta mère
Et on se garde tout
(Menaçant : Ah, Gudule !)
Refrain 2
Excuse-toi
Ou je reprends tout ça
Mon frigidaire
Mon armoire à cuillères
Mon évier en fer-reu
Et mon poêle à mazout
Mon cire-godasses
Mon repasse-limaces
Mon tabouret à glace
Et mon chasse-filous
La tourniquette
À faire la vinaigrette
Le ratatine-ordures
Et le coupe-friture
Et si la belle
Se montre encor cruelle
On la fiche dehors
Pour confier son sort |
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